Larry et ses bingos

Date de la réparation: 24/06/2009
 
Beach BeautyJe n`avais pas vu Larry depuis 2001, et avant cela depuis 1992, quand je lui ai vendu une machine à bingo Bally. Donc, cela peut se résumer à peu près à une visite aux huit ans pour une machine qui a plus de 50 ans et fonctionne encore admirablement. Lors de cette dernière visite, dans ce cycle de service de 8 ans, reférant à sa machine BEACH BEAUTY (1953), Larry a partagé plusieurs histoires intéressantes. Mais, avant de s`asseoir à la table de la cuisine avec des tranches de melon d`eau et mon téléphone cellulaire qui servait d`enregistreuse, je suis allé réparer un problème de séquence et d`élevateur de balles sur sa machine. Elle se dresse fièrement sur des pattes de chêne verni, dans un coin de son atelier qui est garni de vrais outils et de calendriers de femmes nues des décennies passées. J`ai remarqué que les femmes sur ces calendriers étaient beaucoup plus belles et attirantes que ce qu`on voit aujourd`hui sur internet et ailleurs. Je me suis demandé pourquoi, puis j`ai compris que ces femmes bien en chair étaient toutes souriantes, sans exception. Avec cela et d`autres choses en tête, j`ai continué à vérifier la bingo de Larry jusqu`à ce que tout soit correct pour un autre huit ans, espérons-le du moins. Bien sûr, j`ai mis les chances de mon côté en jouant plusieurs crédits, en donnant un coup de cire puis en remplaçant quelques lumières brûlées.
 
Beach ClubCe que Larry aurait vraiment voulu en 1992, c`était une BEACH CLUB, elle aussi une machine Bally de 1953, mais tous ce que j`avais en stock dans le lot de 13 bingos que j`avais acheté des amusements Turmel était un BEACH BEAUTY. En tant que novice à l`époque, je pensais que c`était pas mal la même chose. Mais jusqu`à ce jour, je suis toujours à la recherche d`une BEACH CLUB pour mon client Larry, et avec raison. Il m`a raconté qu`il y avait une certaine combinaison (9-1-2-10) sur la Beach Club qu`il aimait viser quand il jouait cette machine dans les années 50. C`était dans un restaurant qui s`appelait Chez Henri, avec l`entrée principale située littéralement sur le coin de Beaubien et Chabot (oui, voilà pourquoi on les appelait les restaurants et les épiceries du coin). J`ai conclu que si Larry pouvait se souvenir d`une combinaison de quatre chiffres sur une machine qu`il a jouée il y a si longtemps, ça doit être un sensation forte d`être capable de la compléter. Il fallait avoir 16 ans pour jouer les bingos à Montréal en ce temps là, mais Larry en avait 12 ou 13 ans quand il a encaissé ses premiers crédits. D`autres emplacements où Larry se souvient d`avoir joué, étaient souvent situés dans les environs des rues Rachel et Clark, quand le Plateau était un endroit où les gens élévaient leurs familles et pas seulement leur importance de soi.
 
Même si Larry semble tout à fait satisfait de sa BEACH BEAUTY, le souvenir d`une BEACH CLUB reste vif jusqu`à ce jour. Il est pareil au sentiment ressenti quand on réussit à déclencher ce numéro manquant qui fait la connection pour un 5 en ligne et qui rapport le gros prix. Je pense que la BEACH CLUB représente exactement cela pour Larry.
 
J`ai appris il y a longtemps que les joueurs de machines à bingo sont d`une espèce particulière. Ils sont vifs, calculent rapidement, et ne changent pas facilement d`idée quand ils se sont déjà fait une opinion. J`ai aussi remarqué que beaucoup d`entre eux sont des chasseurs et/ou pêcheurs. C`est probablement dû aux sensations fortes que le jeu et la chasse ont en commun. Ils appartiennent à une génération d`hommes qui semble beaucoup plus forte que celle qui a suivi.
 
Après la réparation, Larry a parlé avec moi en présence de sa femme et semblait très surpris de tous les souvenirs que les machines à bingo qu`ils a jouées au fil des années aident à évoquer. Ils ont tous deux revécu plusieurs souvenirs de leur vie commune en me racontant tous les endroit à Montréal où il a joué au machines à bingo. A Sainte-Anne-de-Bellevue et l`Île-Perrot, sur la rue Wellington à Verdun et jusqu`à l`est de Montréal, les bingos étaient partout. Montréal sur tous les angles était un marché énorme pour les machines de bingos. Tant et si bien qu`en 1954, un jeune avocat de croisades récemment élu maire de Montréal (Jean Drapeau) a oeuvré pour avoir un règlement sur les livres en 1956 rendants toutes les machines à boules illégales dans notre ville. Et finalement, quand Chicago et New York on redéfini le jeu de pinball comme étant un jeu combinant l`adresse et la chance, les villes ont ainsi levé leur restrictions sur l`opération de ces jeux en 1976. Montréal suivit le courant en 1977. Je pense ne pas me tromper en disant que les machines à bingo on contribué plus à cette loi restrictive que les pinballs seulement. De toute façon, le règlement devait être difficile à faire respecter puisque Larry (et d`autres sources fiables) m`ont informé que les bingos et les pinballs ont été opérées un peu partout dans plusieurs salles à l`arrière de restaurants et d`autres commerces durant ces années restrictives. Une autre indication de la popularité des bingos est que la puissante Bally Manufacturing Corporation a pratiquement cessé de produire des pinballs pendant les années 50 afin de libérer plus d`espace sur leurs chaines de production. Pour produire plus de 96 modèles de bingos en 25 ans, il devaient avoir un raison financère évidente. Probablement la forte demande des distributeurs et autant de personnes qui jouaient aux bingos.
 
Peu importe, mon intention pour ce blogue était de décrire comme c`était intéressant d`écouter Larry raconter ses histoires et comment il regardait sa femme et lui demandait quelle annee c`était quand ceci ou cela s`est passé. A travers ces histoires, ils se sont rapellé leur premier appartement ensemble après leur mariage en 1962, et des vacances qu`ils ont pris ensemble où une bingo a contribué à les ramener à Montreal. Larry a raconté qu`ils se sont arrêtés à St-Augustine avant de sortir de la Floride pour faire le plein quand il a mis un seul 5 sous dans la bingo, a lancé les cinq balles et a obtenu un 5 en ligne. Pour ceux d`entre vous qui ont déjà joué aux machines à bingo, vous savez que cela n`arrive pas souvent. Le moins qu`on puisse dire est que cela arrive, peut-être une ou deux fois dans une vie, ou pas du tout. Les gains ont servi à remplir le reservoir d`essence pour le retour à Montréal. Ils rirent tous les deux de ce souvenir d`une nuit de pluie d`été dans le nord de la Floride.
 
Surf ClubUne autre histoire qui avait un lien avec une machine était celle d`une bingo Surf Club (1954) qui allait suivre Larry pour un bon nombre d`années. Lui et ses frères jouaient cette machine un matin ensoleillé au début des années 60 à Ste-Anne-de-Bellevue, quand ils se sont fait dire de s`éloigner de la machine. L`opérateur bouleversé leur a dit que la police s`en venait et saisissait toutes les machines à boules sur son chemin. Le plus jeune des frères a demandé à l`opérateur: « combien pour la vieille machine?» 110$, a répondu le propriétaire, et les trois frères l`ont emportée aussi vite que possible avant que la police puisse les voir. Ils charrièrent la bingo de 350 livres au quatrième étage ou habitait Larry et sa jeune femme. Le propriétaire de la bâtisse appelait cet étage le troisième pour éviter d`avoir à installer un ascenseur. Larry m`a affirmé qu`ils habitaient bien au quatrième niveau et que tous ce qu`ils avaient dans leur chambre à coucher était un matelas par terre et une bingo Surf Club dans le coin. En racontant cette histoire, Larry et sa femme ont tous les deux souri, assis à la table de cusine dans leur belle et tranquille maison à Pierrefonds. Un souvenir simple et clair du début des années 60, quand tout était possible pour ceux qui avaient une intention.
 
Lorsque la femme de Larry a été lasse de devoir déménager la Surf Club avec eux pendant qu`ils agrandissaient leur famille, Larry décida de la donner à un ami (une décision intelligente je me disais, comme ça il sait où elle est, au cas où). Et puis alors, Larry m`a dit où elle a été, il a donné sa Surf Club à un ami qui a habité, entre tous les lieux à Paris, - Paris, Ontario ! Même après que son ami Gordon Macdonald soit décédé, Larry a été incapable de récupérer la machine de sa veuve. Il l`avait appelée plusieur mois après la mort de Gord pour demander s`il pouvait reprendre la machine, mais elle lui a dit d`aller se faire.....pour une raison ou une autre.
 
Enfin, la phrase que Larry a dite vers la fin de notre conversation nostalgique qui est restée gravée dans ma pensée était, " Je ne pouvait jamais leur résister." Et oui, je pense que quand on a réussi une combinaison gagnante sur une bingo Bally (ou même une bingo de United Manufacturing) vous ne vous débarasserez jamais de ce "crochet". Je peux en témoigner. Parce-ce que je l`ai appris en réparant et en jouant ces ordinateurs éléctro-mécaniques fascinants avant de les mettre en vente. Et même au début des années 90, un bon 40 ans après leur création, et dans la profondeur de mon atelier, j`ai compris l`attraction que produit le son et les sensations qui se mainfestent dans ces machines si brillamment construites avec une technologie electro-mécanique bien penser. Il existe peu d`expériences que j`aime autant que de tenir un rouleau de 5 sous dans ma main qui les réchauffe pendant que je considère la vitre de la bingo affichant les options. Une fois que les cinq balles acquises on trouvé leur siège numéroté, la balance des 5 sous qui restent dans ma main sert souvent à la tentative d`acheter les trois "extra balles" possibles. Chacune de ces balles ne sert qu`à augmenter la possibilité de faire des gains plus gros. La beauté est que même si vous ne gagnez pas, une autre bière est toujours à la portée et qu`elle s`accompagne bien d`un autre rouleau de 5 sous pour continuer le tout. C`est simplement toute une expérience à laquelle se mélange l`anticipation, la détermination et plusieurs sensations qui en font un moment si intense et presque parfait, qu`il vaut mieux que j`arrête d`écrire pour ne pas risquer de fausser la magie de l`expérience.